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La question...

La question est : pourquoi déprimer ?
La question est (plutôt) : pourquoi je déprime.
Pourquoi je vacille au bord de l'abîme, en équilibre inconstant.
Pourquoi cette paralysie coquette qui m'empêche de rire et d'exister.
Pourquoi ce côté sombre, ce versant a pic.
 
Evidemment, on ne peut être que lumière. Tout ou rien manichéen. Non, c'est sûr.
 
Moi, mon côté sombre se situe du côté de mon père, cela est sûr. Il s'est bâti sur ce non sens, cette incongruité d'un homme tel que lui enfantant.
 
Le terme d'éducation n'est pas un vocable parental. "Elève-toi toute seule et tu t'aideras". Je ne suis construite que sur des ruines de névrose. Plutôt que la mauvais éducation, sied la non-éducation.
 
Absence d'affectif. Tout repose sur la réaction. Plus absente je suis, moins je risque. Je suis une plante sans tuteur au milieu de mauvaises herbes. Je ne suis pas une mauvaise graine, j'aurais mal tourné. Mais j'ai poussé dans un champ mal fréquenté, où l'engrais va aux voisins qui brûlent votre oxygène pour mieux respirer. Il faut apprendre à respirer discrètement et non apprendre à vivre. Ca, je l'ai su plus tard...
 
La reconstruction est difficile. Je dois m'éduquer seule et défier ce que l'on m'a enseigné. Alors quand j'ai trop peur, je me fige. Je suis entre deux. Entre la peur de l'inconnu, et la peur des autres. Je voudrais l'inconnu, je me souviens trop bien des autres.
 
J'ai peur oui. Je suis terrorisée par ma mémoire. Corporelle et mentale. Ce que je dois apprendre par moi-même est difficile. Je dois apprendre à choisir plutôt qu'être choisie. Je dois apprendre que je vaux ce que je pense et non ce que les autres pensent. Je dois apprendre à ne pas faire et dire ce que l'on attend de moi. Je dois apprendre à dire ce que je veux. Cela va à l'encontre totale de ma non-éducation, évidemment. Donc, si je fais un pas de travers, je me paralyse.
 
Il y a un échappatoire : tenter. Et constater que rien ne se passe. Qu'on ne me hait point. Qu'on ne me frappera pas. Qu'on ne me criera pas dessus. Qu'il ne se passera... rien ! Rien de dramatique, rien de douloureux. la constatation par l'apprentissage.
 
Je suis en friche.
Mais je me soigne... 
19.12.07 16:44


Et que j'en crève...

Humeur noire. Le spleen décrit par un Baudelaire. De la bile. Ou du sombre. Pour s'accorder il faut marcher d'un même pas. Respecter le tempo. Pour deux musiciens cela devrait-il être si difficile, si délicat. Un brèche à peine et tout s'effondre. Une fissure dans le corps. Un méandre par où s'écoule tout le sang. Par où explose toute la douleur que l'on pensait évanouie. Je veux y mettre le feu, mais je me brûle les doigts. Quand donc brûlera le grand bûcher ? Quand craquera l'alumette. Je n'en peux plus des pétards mouillés. Je veux des flammes plus hautes que moi. Immoler la souffrance dans un grand feu de joie. Etouffer dans l'oeuf son orgueil et l'achever à tout jamais. L'explosion littérale dans l'intensité et la rage de vivre. Je veux. Je veux. Je veux. Elle ne m'aura pas. Oui. Aujourd'hui je me sens l'âme d'une incendiaire...
23.9.07 17:28


Et c'est toujours...

... lorsqu'on repense aux vieilles histoires que de nouvelles surgissent. En tous cas mon côté femme fait des émules. Je sens que je tombe sur un drôle de numéro, mais ça me va. La banalité m'insupporte. Moi-même, banale dans mes réactions de séductrice, il m'arrive de m'incommoder toute seule. Mais... Ca a l'air de fonctionner. A voir, si l'essai sera transformé. Dieu que cette semaine est longue !

12.9.07 02:03


Musica


  • "Je rentre me coucher" - Florent Vintrigner

"Pardonne moi ô mon amour
Si je ne vois pas toujours
Beaucoup plus loin que le bout de mon nez
Mais tu sens tellement bon, bonsoir
J'ai pris le tgv de minuit moins le quart 

Je rentre me coucher
Coucher avec toi
La pleine lune apparaît au-dessus de toi
Je sens se réveiller le loup qui est en moi... "

  • "Les vents contraires" - Bertrand Betsch

"Nous avons reçu des jets de pierres,
nous nous sommes battus contre la terre entière,
nous avons perdu tous nos soldats,
nous avons perdu jusqu'au sens du combat,

Et pourtant...

Nous sommes toujours debout,
Nous sommes encore debout,
Et nous tenons le coup."


10.9.07 00:18


Appassionata

Je lis de vieux échanges de mail. Qui remontent à plus d'un an... Un siècle ? Qui retracent une histoire. Brève et longue à la fois.  Ca me fait rire et pleurer.  C'est quelque chose de chaud et confortable. Parfois, je me reconnais dans les mots que j'ai écris, parfois pas. Je m'étonne, de lui ou de moi, je ne sais pas.
 
Mais j'ai besoin de me sentir femme en ce moment, alors je relis ces vieux mails. Pour ne pas trop oublier ce que cela fait. Au coeur ou au ventre. Je pleure, un peu. Je n'ai pas pleuré à l'époque. Je voulais me croire forte. Je me suis seulement rendue insensible. A la petite musique que l'on porte tous en soi.
 
Ces jours-ci, j'entends de nouveau ma petite musique. Je sais qu'elle est revenue avec ses larmes, et ses sourires aussi. Sa chaleur. Je me sens plus vivante. J'oublie moins d'exister.
 
Oui, j'ai besoin de me sentir femme en ce moment. Je cherche le désir. Et je l'attends. Aussi.
 
Je ne suis pas triste, non. Je ressens. Simplement. 
10.9.07 00:09


Euphoria

Dernière étape. Dernière marche avant la sortie du cd. J'en suis la maître d'oeuvre et la proximité soudaine de cet aboutissement me rend euphorique.
 
Je commence à déléguer la suite pour mieux profiter de cet achèvement. Je délègue la promo, je délègue le packaging. Je jette mon son par les fenêtres. Je déverse des flots de musique. Je me remplis les oreilles de MES morceaux qui prennent enfin la dimension dont je rêvais.
 
L'ingé son est au bord de l'implosion. Mais elle me suit. Avec talent. Dead line: dimanche. Prochain.
 
Le casque sur mes oreilles, vendredi, j'ai su que ça y était. Oui, ça y est. J'y suis. Je suis allée au bout. Le reste n'a pas beaucoup d'importance... Juste ce sentiment de victoire qui m'a empli toute entière pendant de longues minutes. Quelque chose qui ressemblait au bonheur. Intense.
 
L'intensité c'est ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. 
Ma vie.
 
Je remercie mes musiciens. 
ET j'emmerde le monde ! 
Celui à qui ça ne plaira pas. 
9.9.07 19:57


Des limites ?

Là où l'on se rend bien compte de l'utilité d'avoir des ministres, c'est lorsque plusieurs chevaux de bataille sont en cours de manière urgente. On ne peut pas mélanger la pédophilie et les ouragans, n'est-ce pas ? L'omnipotence et l'omniscience sont, paraît-il, des talents spécifiques aux dieux. D'ici là, mieux vaut déléguer.
21.8.07 16:53


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